Chroniques de Carlo Mosti

Mercredi, 12 septembre 2012 | 
Écrit par Carlo Mosti   

J'ai, comme bon nombre de personnes au Québec et sûrement au Canada, suivi la soirée des élections. Je ne me rappelle pas d'avoir vu des votes aussi serrés depuis le référendum de 95, du moins qui m'aient marqué. Ceux qui ont crié victoire étaient probablement en boisson, car je n'y vois pas une très grosse victoire. Tout dépend de quel bord on se situe dans l'échiquier politique.

Petite victoire à court terme, une bataille que la CLASSE a entamé et qu'elle a fini par gagner comme promis : le gouvernement libéral n'est plus, cela augmenté de la démission de Charest. Je sais aussi que beaucoup de militants que je connais à Sherbrooke ont appuyé le candidat péquiste Serge Cardin, et nous sommes heureux de son solide gain contre le premier ministre déchu.

Deuxième victoire, à moyen terme celle-là, l'entrée à l'Assemblée nationale de Françoise David. On peut être d'accord ou non avec la plateforme du parti, qui s'affiche souverainiste sans mettre ce projet en priorité, mais j'ai beaucoup de respect pour le travail de terrain de cette équipe. Amir Khadir a gagné des points. Tout seul, il avait une voix qui portait pour 10. Avec Françoise David, ça risque de brasser encore plus. Si certains diront que leur présence n'assurera pas nécessairement un appui solide à la souveraineté du Québec, on ne se trompe pas en disant qu'ils seront un appui solide à la démocratie, qui en a bien besoin, démocratie qu'on a massacrée pas mal depuis l'arrivée des libéraux.

Aucune victoire à long terme, cependant, étant donné que le PQ n'a pas su capitaliser suffisamment sur la faiblesse des libéraux. Très décevant pour la suite des choses. Bien sûr, on soulignera l'arrivée de la première femme première ministre à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas rien, mais la Dame de béton n'est pas assez armée. À qui la faute? La division du vote vous me direz? Ben oui, plusieurs ont fait les calculs et l’ont prouvée. Faut pas non plus éliminer la CAQ de l’équation, car la CAQ ont ravi des votes fédéralistes certes, mais des votes de souverainistes mous, de certains nationalistes fédéralistes à la Bourassa, de souverainistes de la droite et les éternels indécis, et je connais quelques anecdotes là-dessus, j’vous en passe un papier! Mais de là à faire le procès de QS et de ON, ça, ça me pue au nez. Les Yves-François Blanchet de ce monde me donnent de l’urticaire lorsqu'ils se mettent à vomir sur les petits partis, chiens de garde indispensables pour notre démocratie. Ce que devraient faire tous les partis, spécialement le PQ, c’est faire un examen de conscience sérieux. Si le PQ n’a pas raflé les votes indépendantistes pour une victoire plus décisive, ce n’est pas parce QS et ON n’auraient pas dû exister, mais bien parce qu'ils n’ont pas su se démarquer de ces derniers. 

Je rappelle aux candidats qui l’ont oublié que nous sommes les vrais boss du Québec, nous le peuple, et engageons les candidats que nous croyons être les meilleurs pour l’emploi. Ceux qui ne font pas l’affaire sont congédiés, qu'ils soient rouges, bleus ou oranges. C’est tout de même nous qui payons leur salaire, nous avons bien le droit de critiquer leur travail lorsqu'il est mal fait. 

Maintenant, le temps des critiques est passé, les députés sont en poste, les élus ont le devoir de faire le travail qui s’impose. L’heure n’est plus à la division, mais à l’alliance des forces. Le PQ a tout intérêt à travailler avec acharnement dans la prochaine année s’il espère encore avoir les appuis nécessaires pour faire un pays. Ça ne dépend pas de nous, ça dépend d’eux. On jugera le parti pour ce qu’il aura accompli. Qu’on ne vienne pas me dire qu’ils ont les mains liés. Les conservateurs avaient les mains liés et ils sont devenus majoritaires. Les libéraux avaient les mains liés et ils sont devenus majoritaires. Que le PQ fasse de même s’il en est capable. 

Pour la prochaine élection, qui peut arriver plus tôt qu'on le pense, il est nécessaire qu’une alliance des forces souverainistes s’applique avec la présence d’un seul candidat souverainiste dans chaque comté. Si le PQ a subi le revers de la division du vote, on pourrait dire tout autant de Jean-Martin Aussant dans son comté. Le PQ n’est donc pas très bien placé pour parler de division du vote. Je termine sur mon commentaire politique en disant que j’espère qu'ON sera en mode électoral pour la prochaine année et qu’il augmentera encore ses appuis pour finalement faire son entrée à l’Assemblée nationale très bientôt. Je le souhaite de tout cœur!

J’aimerais ajouter un mot tout spécialement à l’intention de la famille de Denis Blanchette, qui a pris une balle en tentant de limiter les dégâts contre le fou qui fait les manchettes depuis les élections. Que son âme repose en paix et toutes mes condoléances aux proches et amis qui vivent ce deuil. Ce genre d’évènement est vraiment regrettable et nous le condamnons tous d’une même voix.

 

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