Chroniques de Carlo Mosti

Lundi, 08 octobre 2012 | 
Écrit par Carlo Mosti   

Le combat que nous menons pour l'indépendance nous amène des connaissances plus que des amis. Cependant, il n'est pas impossible de découvrir des gens qui deviennent de vrais amis, non seulement à cause de nos idées politiques, mais aussi à cause de nos personnalités qui se complètent. C'est aussi vrai dans la vie professionnelle. 

Je peux vous dire que si j'ai côtoyé beaucoup de gens dans le mouvement, j'ai perdu plusieurs connaissances à causes de mes convictions, et même quelques amis malheureusement. C'est là que l'on découvre que les convictions profondes peuvent créer des dommages collatéraux, mais je les assume pleinement. Maintenant, mon quotidien est inévitablement lié à mes convictions, alors ceux qui ne peuvent m'accepter tel que je suis, comme être et comme militant, ne peuvent nécessairement plus être mes vrais amis quant à moi.

On ne doit JAMAIS militer pour avoir des amis, on milite pour l'intérêt supérieur du peuple, c'est un don de soi qui amène des points positifs et négatifs sur le plan de la vie sociale.

On ne doit JAMAIS reculer sur ses convictions pour garder ou trouver des amis, c'est un sacrifice qui amène aussi des points positifs et négatifs sur le plan de la vie sociale.

Rester debout, c'est par contre la chose la plus positive qu'on peut faire pour soi, ça nous rend solide et ça nous fait grandir.

Rester debout, c'est aussi la chose la plus positive qu'on peut faire pour la société, parce qu'étant uniques et distincts des autres, nous sommes des créateurs de diversité culturelle, sociale, intellectuelle, politique, identitaire, artistique, économique et humaine.

Un peuple qui protège son identité collective fait la même chose au niveau international que l'individu au niveau communautaire : il diversifie les valeurs et les identités humaines.

Un peuple qui protège son identité collective n'est pas raciste ni refermé sur soi, mais il fournit une nouvelle couleur et une nouvelle saveur au monde entier. Il empêche le nouvel ordre mondial de s'établir et de se concrétiser. Il empêche l’homogénéisation par la mondialisation. Nous sommes les rebelles dans le monde insoutenable d'Ira Levin.


Pourquoi alors l'anarchisme doit-il être anti-nationaliste?

À ce propos, les anarchistes qui s'opposent aux indépendantistes, je ne comprends pas ça, honnêtement. Je conçois que certains groupes souverainistes mettent l'aspect nationaliste radicalement de l'avant, parce que dans un État comme le Québec, où l'oppression des tenants de la langue française et de la culture québécoise est monnaie courante, il est normal qu'à un moment donné il y ait une révolte identitaire qui éclate. Mais le combat pour notre liberté, c’est aussi une lutte contre le néocolonialisme canadien et le capitalisme anglo-saxon qui détruisent les peuples et lessivent les ressources de la terre.

En tant qu'indépendantiste, je ne me sens pas tellement comme un nationaliste extrémiste. Je ne me suis jamais battu contre les Anglais ou toute autre ethnie, je me bats contre un système. Je suis d’ailleurs loin d'être de souche, je suis fils de parents italiens, et pourtant, je suis enraciné profondément sur cette terre du Québec, et je me suis nourri de son histoire, de son identité, de ses combats. Ma souche est bien implantée, elle n'a pas 400 ans d'histoire, elle commence avec moi, elle en a même pas 40, mais elle est solide comme celle du séquoia.

Récemment, j'ai lu des commentaires d'anarchistes qui s'insurgent de la « récupération » du Printemps érable comme étant un mouvement souverainiste. Peut-être que c'est une généralisation exagérée, je le concède, mais d'ignorer que cela était une crise nationale et identitaire, c'est de mauvaise foi. Jamais nous n'avons vu de drapeaux canadiens. Les drapeaux au rendez-vous de la révolte étaient le drapeau rouge de la lutte contre la hausse, et qui donnait une allure révolutionnaire par sa couleur, le drapeau du Québec et le drapeau des Patriotes. Les indépendantistes se sont reconnus dans ce combat parce qu'il s'inscrivait dans le sens des valeurs nationales auxquels ils se rattachent. Les fédéralistes, s'il y en avait, n’étaient clairement pas représentés par leurs partis. Au contraire, ils ont certainement été punis très sévèrement pour y avoir participé.

Je crois qu'il est temps que les anarchistes reconnaissent de bonne foi que le mouvement indépendantiste travaille pour la justice sociale, la liberté, l’égalité et le bien commun.

 
Commentaires  
−2 +−

#2 | RE: Le militantisme appelle à l'unité, pas à créer un club social

rob groulx » 08-10-2012 20:29

Il n'y a pas de *Révolution* si les éléments ,,et combattans,le font pour leur Gloire personelle!!

−3 +−

#1 | RE: Le militantisme appelle à l'unité, pas à créer un club social

Daniel Roy » 08-10-2012 15:22

Bravo. Venant d'un jeune comme toi, cela devrait influencer cette partie de la jeunesse. Faire du Québec un pays, c'est quand même de l'anarchie, non? Nous devons nous battre fortement pour changer les choses et rendre le Québec libre de son destin. L'indépendance du Québec est aussi un grand pas vers la démocratie, en cessant d'envoyer 50 % de nos impôts à un gouvernement que nous ne contrôlons pas. Vive le Québec libre! facebook.com/.../...

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