Chroniques de Carlo Mosti

Lundi, 16 janvier 2012 | 
Écrit par Carlo Mosti   

Il y a eu plusieurs nouvelles dans le monde de la politicaillerie québécoise. Pierre-Luc Bégin nous a pondu un excellent article hier, qui fait une synthèse assez juste du dégoût que l'on éprouve régulièrement devant ces nouvelles assez pitoyables. Mais qu'est-ce qui se passe dans la tête des Québécois d'aujourd'hui? Il n'y a aucune révolte, aucune émotion palpable parmi les citoyens... Y a-t-il encore de la vie sur cette terre? C'est vraiment insoutenable cette lassitude, ce cynisme, cette agonie collective. Il y a vraiment une couple de claques sur la yeule qui se perdent. Vous savez, on nous a accusé d'être des terroristes à plusieurs reprises. Je peux vous dire que nous sommes vraiment une frange très pacifique de ce qui pourrait vraisemblablement arriver, si cet état lamentable dans lequel les Québécois sont plongés devait se poursuivre encore plusieurs années. On ne peut pas écraser un peuple indéfiniment sans que ça n'explose un jour, et de façon violente. Non ce n'est pas le RRQ qui sera le déclencheur, nous en sommes encore à la désobéissance civile, et nous y resterons. Cependant, comme on dit, ce sont les plus tranquilles qui sont les plus dangereux. Il faut à tout prix brasser la cage cette année pour bousculer l'élite politique et les mettre au pied du mur. Ce n'est pas normal qu'ils se promènent confortablement au Québec, sans aucune gêne, en crachant effrontément au visage des Québécois, sans qu'il n'y ait de répercussion aucune.

Je me rappelle d'une conférence de Pierre Falardeau à l'Université de Montréal où il nous parlait de l'époque des patriotes, où il dénonçait les McGill et les Molson de ce monde, comment les politiciens qui représentaient le pseudo-gouvernement responsable travaillaient main dans la main avec l'élite financière. Ça fait 200 ans de ça, et il y a eu une révolte des patriotes. Et en la crise d'octobre 70, même chose, même situation. On recule de 40 ans cette fois. Aujourd'hui, on est toujours au point A. On fait quoi de la mémoire de ces gens qui se sont battus pour notre libération? Qu'est-ce qu'on répond à des patriotes comme DeLorimier, tué au bout d'une corde pour sauver notre honneur? Qu'est-ce qu'on répond à des combattants de la liberté comme Paul Rose, emprisonné une partie de sa vie pour avoir ébranlé ce système pourri? Tout cela était en vain? On vit encore aujourd'hui, indifféremment, la même collusion, la même corruption, le même grattage de dos, les mêmes passes croches pour écraser le peuple au nom de l'argent et du pouvoir. Est-ce qu'on va regarder le train passer ou bien on va enfin se relever les manches et se mettre au travail? On attend quoi, que certains soient au bout du précipice et qu'ils commencent à employer la violence pour survivre aux piétinements des pilleurs de notre État? Il n'y a personne qui veut en arriver là. Mais la situation est grave, très grave. Faut arrêter de se décrotter le nez en regardant Occupation Double ou les Canadiens de Mourial, c'est de notre vie et de notre pays le Québec dont il est question.

2012, sans être la fin du monde, peut être la fin d'UN monde, celui de l'exploitation des peuples de la planète. Nous sommes aussi un peuple exploité parmi tant d'autres. Ce n'est pas parce que nous avons accumulé un record de rois-nègres collabos parmi nos z'élites que l'on peut oublier que nous sommes pour la plupart encore de simples nègres d'Amérique. Ce n'est pas parce que le Québec regorge d'Elvis Gratton qu'il faut se laisser mourir à p'tit feu. Bon Dieu, réagissons, je suis vraiment tanné de voir mon peuple se suicider. Vous n'êtes pas écœurés de vous faire raconter des conneries par les torche-culs du système qui empestent les radios-poubelles? Vous n'êtes pas écœurés de vous faire farcir le cerveau par les pétasseries des z'Amaricains wannabe de la droite épaisse, qui font des culbutes devant les tueurs d'humanité et de nations? Sortez-vous la tête du cul et lâchez votre télé! Nous avons tous le pouvoir de changer notre entourage par de simples gestes. Il suffit d'avoir la volonté de le faire et de s'unir entre nous pour faire tomber cette mascarade de gouvernement, occupé par de très déshonorables députés rapaces, qui à la première occasion, vont aller jouer à la pute pour des intérêts privés, au détriment du peuple québécois qu'ils auraient dû servir. Pensons seulement à Nord-mandeau, celle qui préfère les gaz de schiste aux gaz de shit, qui va maintenant offrir ses services d'escorte du Plan Nord aux plus offrants. Quelle saloperie, vraiment!

Mais n'attendez rien d'aucun de vos politiciens, c'est à nous de construire le monde dans lequel nous voulons vivre, et c'est à nous de les bousculer. Des Rebello qui n'en ont que pour leur propre personne, le pouvoir avant, les convictions après, il en regorge dans les rangs de tous les partis, malheureusement. Les rapports de force dans la rue, j'y crois encore. Ceux qui ne croient pas aux luttes des classes se trompent, parce ce que c'est encore et toujours de ça dont il s'agit. Cracher sur les syndicats, comme Elvis Duhaime, c'est cracher sur des outils que le peuple s'est donné justement pour avoir des rapports de forces contre les exploiteurs. Ces grands saigneurs de peuples qui travaillent au gouvernement actuel le savent trop bien, d'où l'intérêt d'une loi comme la loi 33. Les syndicats sont encore plus utiles que jamais au peuple, n'en déplaise le rat de service de la droite putride, full patché de la democracy à la sauce US, qui se vautre dans ses vomissures au nom de la liberté individuelle, la liberté de vivre dans un pays avec 8 millions d'habitants comme s'il vivait sur une île déserte. Y peut s'étouffer dans sa marde, lui pis toute sa gang de retardés mentaux qui le suivent. Des abrutisseurs de consciences comme les radios-déchets de Québec qui nivellent l'intelligence de l'être humain par le bas. C'est pour ça qu'on leur laisse des micros, parce qu'ils collaborent à notre disparition.

Alors faut que 2012 soit l'année que l'on réalise qu'il faut arrêter de bêler bêtement tout en avançant vers notre mort. Il est temps de virer de bord et faire peur au chien, qu'on le fasse arrêter de manger du pauvre, avant que quelqu'un décide de le garocher dans un coffre de char. N'attendez pas le messie ou le leader charismatique, nous sommes tous maîtres de notre destinée, et nous pouvons aussi devenir maître chez nous.

 

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