Chroniques de Patrick R. Bourgeois

Jeudi, 26 avril 2012 | 
Écrit par Patrick Bourgeois   


L'insurrection est l'action de s'insurger.

C'est un soulèvement, 

une révolte d'un groupe ou d'une population (les insurgés), 

contre un pouvoir établi ou une autorité. 

L’Organisation des Nations Unies affirme sans ambages que le jour où un régime politique travaille contre le peuple, il est du devoir de ce dernier de se révolter et de combattre fermement et avec détermination cedit régime. Au Québec, en 2012, nous avons franchi la limite du tolérable, les bornes ont depuis trop longtemps été dépassées. Le système a, chez nous, et comme il arrive souvent ailleurs dans le monde, complètement perdu la tête. Il est fou, exploiteur, violent. Violent contre nous, nous le peuple québécois. 

J’ai su qu’hier encore, en cet octobre noir d’années qu’on croyait révolues, le système écrouait arbitrairement les manifestants, les militants, les rêveurs de ce pays libre qui nous permettrait de changer le monde à notre façon. Tous ceux-là qui refusaient cette vie d’échinage et d’exploitation coloniale dans les usines des Autres, là où ils étaient écrasés comme le sont les cailloux qu’on brise dans les mines pour en faire ressortir le profitable. Dans leurs chambres à coucher, bien souvent, ils furent cueillis par ce système raciste, canon appuyé contre la tempe, gracieuseté d’une police servile et débile qui dit toujours n’obéir qu’aux ordres lorsque vient le temps de justifier ses pires crimes ignobles. Gaston, Pauline, Michel et Gérald, où êtes-vous donc? Incommunicado, ils furent enfermés dans les geôles de la pourriture. Le règne de la terreur qui avait trop souvent avancé chez nous à pas de loup prenait cette fois-là place en nos demeures sans gêne aucune, à grande vitesse, grossièrement et vulgairement, et bien sûr à force de coups de poing et de pied et de carabine. Pour mieux s’incruster jusque dans nos têtes, meilleur endroit pour nous faire accepter la servitude et l’abandon de nos rêves de liberté et de justice et de dignité. Les barreaux, mais on va finir par les avoir dans nos têtes, disait Falardeau. Ô combien il avait raison, le vieil insoumis! Malheureusement, le système l’avait compris aussi. 

Appuyé par l’armée et la démesure de guerre, le système se croyait dès lors invincible. Nous le croyions aussi… À tort! Puisque tout peut changer, même le monde, le nôtre comme celui de nos peuples frères. Il n’en tient qu’à nous et à notre courage, nous le savons tous même si trop souvent on n’ose se l’avouer; par crainte bien sûr de ce qui pourrait arriver si on se prenait enfin en mains en confrontant l’oligarchie et ce Canada qui la sert si bien. Comme quoi, des barreaux dans nos têtes, c’est très efficace. 

Printemps 2012 — J’ai revu le visage hideux de ce même système écoeurant qui n’a jamais désarmé contre le peuple d’ici. Depuis des semaines, les enfants du Québec courent nos rues, pourchassés qu’ils sont par des bourreaux amoureux de leur matraque chérie et profondément stimulés par la violence gratuite et vomitive. Et le bruit des bottes de la dictature de résonner ainsi en notre pays, effrayant à juste titre les défenseurs de la démocratie et les protecteurs des droits du peuple. Pourtant, ces admirables enfants ne veulent rien d’autre que le droit de vivre en paix, et décemment, sans être endettés jusqu’en 2047. Peut-on leur en vouloir pour ça au point de leur sacrer des volées!? 

Attristant est de constater que les cheveux de ces mêmes enfants qui nous rendent fiers d’être ce que nous sommes en terre d’Amérique ne sentent dès lors plus le printemps mais bien le gaz lacrymogène, le poivre de Cayenne et la répression protofasciste; quand ils ne sont tout simplement pas tous collés les uns aux autres par le sang séché qui coule de ces plaies béantes qu’ils ont sur la tête et qui sont causées par les coups répétés d’une police tout aussi violente qu’écervelée et que même l’ONU dénonce. 

Printemps 2012 – J’ai vu une répression sauvage s’organiser. Afin de tuer dans l’oeuf le mouvement étudiant qui milite en faveur de la justice et de la dignité, des armes de malades mentaux dégénérés ont été utilisées contre eux, contre nos enfants. Une grenade assourdissante de se retrouver ainsi à proximité de l’œil d’un charmant jeune homme rempli de promesses d’avenir, lui arrachant au moment d’exploser. Ce garçon était assis par terre, parmi ses amis, à militer en faveur d’un monde qui n’oserait enfin plus violenter gratuitement quiconque, et surtout pas pour des questions d’argent. Comment aurait-il pu prédire pareille répression mongole alors qu’il ne faisait strictement rien de mal, bien au contraire!? J’comprends vraiment son père d’être en furie. Je le suis presque autant que lui! 

Je ne peux tolérer cela. 

Printemps 2012 – J’ai vu de vieux juges croulants et séniles ayant la goutte et bien sûr nommés par le régime en place servir honteusement le système d’exploitation des masses afin d’imposer aux enfants du Québec le brisage de leur vie au nom du sacro saint Capital. Par le truchement de leurs fonctions qui puent la vieille tunique de corrompus galeux, ils imposent depuis des jours le retour en classe. Pas le droit de faire la grève qui disent! Leurs injonctions sentent le franquisme à plein nez, sont des affronts dirigés radicalement contre les grands principes démocratiques auxquels les citoyens dignes de ce nom sont attachés. Ces formidables jeunes qui s’y opposent vigoureusement et fermement, sans avoir l’expérience du combat, forcent l’admiration et ont pleinement raison d’agir comme ils le font. Ça, je le sais. Le système le sait aussi. Même Jean Charest le sait, c’est dire si c’est évident. Mais ils sont violemment réprimés quand même, et ce, parce que notre république de bananes ressemble de plus en plus à une foutue dictature qui désire mater le «petit» peuple que nous formons; et pour ce faire, il commence par battre nos enfants. Ne manque en fait plus que l’armée canadienne dans les rues. Mais ça viendra, ça viendra! 

Je ne peux tolérer cela. 

Printemps 2012 — Dans les rues de ma grise et froide métropole, alors que je dénonçais le foutu Plan Nord, j’ai vu une jeune fille – tout juste 16 ans et belle comme le jour – se faire battre par des robots casqués qui suivent aveuglément et imbécilement les ordres du protofasciste en chef. Pourquoi a-t-elle été violentée cette jeune Québécoise qui en est à l’orée de sa vie par les exécuteurs de Charest? Simplement parce qu’elle s’est donné le droit de rêver à un autre monde, un monde meilleur dans lequel les oligarques tomberaient enfin de leur piédestal de pacotille, et leur système d’exploitation de planter avec eux, ces salopards qui ont conduit le monde au bord du gouffre à force de bêtise et de consommation irréfléchie. Assommée et gisant inconsciente sur le sol elle était la pauvre petite lorsque je croisai son chemin. Ses poches ne contenaient pourtant aucun caillou; ni couteau; ni revolver. Que de la gomme, une brosse à cheveux, un cellulaire ou peut-être une petite trousse de maquillage, question d’être coquette pour le copain de sa classe qu’elle espérait retrouver plus tard. En se levant en ce fameux matin frisquet et pluvieux d’avril le 21, elle ne se doutait pas qu’elle ferait connaissance avec cet horrible système qui viole nos libertés fondamentales et nous violente pour mieux nous garder à notre place, là où il peut nous exploiter à sa guise. Et qu’elle en perdrait son innocence du même coup. Toute son innocence. 

Je ne peux tolérer cela. 

Printemps 2012 – J’ai vu un odieux personnage qui est toujours bien dissimulé dans sa tour d’ivoire où il est entouré de ses pareils, c’est-à-dire les pires crottés du Québec, distribuer au plus offrant les richesses du peuple québécois. Ce pauvre type s’est alors permis de rire de la violence qu’il tourne lui-même, sciemment, contre les enfants du Québec. Oui, ce minuscule et pitoyable serviteur des oligarques a plaisanté en parlant de nos jeunes si fiers et si nobles et si pacifiques qui, depuis des semaines maintenant, se font battre par le bras armé du système dans les rues de notre pays occupé politiquement et économiquement par la lie de l’humanité. Le faiseux en chef s’est même permis de rigoler en disant qu’il réserve une vie de durs labeurs dans le Nord à nos jeunes, là où ils ne gêneront enfin plus la bonne marche de ce système vampire qui nous suce jusqu’à la moelle. Quel vieux réac que ce Duplessis des pauvres quand même! f

Je ne peux tolérer cela. 

Printemps 2012 – J’ai vu un gouvernement, dont je ne reconnais maintenant plus la légitimité puisqu’il est violent et impose des positions politiques qu’il sort de son chapeau et qu’il n’a jamais fait avaliser par le peuple lors des dernières élections, forcer maintes courbettes à une association étudiante afin qu’il daigne négocier avec elle le futur qui la concerne et nous concerne tous, nous le peuple québécois. Condamner la factice violence des jeunes, voilà l’exigence qui lui était adressée, et ce, même si ce foutu gouvernement puant n’a, lui, jamais dénoncé la violence choquante de cette soldatesque d’opérette du théâtre SPVM qui prend plaisir à maltraiter l’avenir du Québec. À la première occasion fumeuse et merdique, cette association courageuse a été expulsée de la table des négociations, même si elle avait rempli les conditions imposées. Mais pour qui se prennent-ils à la fin ces gens du Parti libéral, ces corrompus notoires et ces bandits de grand chemin pour nous faire ainsi la morale et décider de qui peut ou non participer à l’avancement de notre société dite démocratique? 

Tout ce scénario était de toute façon cousu de fils blancs. Le gouvernement cherchait prétexte – n’importe lequel — pour expulser la CLASSE et choquer ainsi les gens. Ces gens qui, c’était écrit dans le ciel, descendraient dès lors dans la rue pour dénoncer l’attitude révoltante du gouvernement. Cette rue où les libéraux avaient décidé de les réprimer. Le 25 avril, ce sont 15 000 Québécois qui ont été victimes d’une répression digne du régime autoritaire qu’est en train de devenir le gang à Charest. 

Je ne peux tolérer cela. 

Printemps 2012 – J’ai vu des médias encore plus serviles que la police de Montréal servir de courroie de transmission à un système qui a déclaré illégitimement et très violemment la guerre au peuple. Du haut de tribunes écoeurantes, ces clowns qui se croient brillantissimes car ils savent tenir un stylo d’une seule main et écrire en lettres attachées vomissent sur les enfants du Québec, les qualifiant de bébés gâtés, d’égoïstes et de malotrus, quand ce n’est pas de terroristes encore pires que le fameux Chacal. L’adepte de gros chars et de starts et de vitesse d’Huntingdon s’est même permis d’en appeler à la bastonnade généralisée contre ces jeunes honorables qu’il qualifie de crottés pis de pas-bons, et ce, pendant qu’un haut fonctionnaire de l’État Charest signait un texte publié par le groupe Desmarais qui ne proposait rien de moins que l’adoption des méthodes des fascistes des années 1930 (enfin, on voit leur vrai visage) afin de combattre la gauche portant le carré rouge; un appel sans équivoque à la tuerie, voilà ce que c’était et ça, ç’a été publié dans un journal de droite fédéraliste ami du régime! Qu’une simple réprimande celui-là reçut de ses bons missiés boss qui étaient finalement bien fiers de lui! 

Du côté de Québecor, ce n’est aucunement mieux. JJ Samson qualifie nos enfants de terroristes à longueur de journée dans ses pages aussi jaunes que sa pisse. Mais ce vieux réac prendra-t-il enfin sa retraite à la fin, oui ou non? Ou nous laissera-t-il tout le loisir de l’observer se décomposer en direct de sa chronique vert de gris? Son cerveau est déjà au neutre, fini, kapout, à la retraite! pis depuis longtemps. Que le reste suive donc enfin le petit pois qui trône orgueilleusement entre ses deux oreilles pleines de poils blancs comme la capine pointue qu’il devrait avoir sur la tête à longueur de journée! 

Je ne peux tolérer ça. 

Avril 2012 – J’ai vu des femmes innues partir de Maliotenam à pied pour Montréal. Elles voulaient s’opposer à la vente à rabais de leurs terres aux amis du régime que certains effrontés osent appeler Plan Nord! Le système canadien a déjà détruit les modes de vie amérindiens en les parquant dans de funestes réserves putrides où ils ne possèdent pas même leurs maisons et où l’eau potable est bien souvent aussi rare que les chauds rayons de soleil au beau milieu du golfe Saint-Laurent. Charest se propose maintenant de finir la job en leur volant ce qui leur reste de territoire pour les donner à ses potes qui semblent tout droit sortis d’un film du Parrain. Parce que ces femmes, rejointes entretemps par les hommes Innus pour la manifestation du 21 avril contre le Plan Nord, osèrent fouler le pied de la métropole, elles devinrent des cibles pour les bébêtes serviteurs casqués des pilleurs de peuples. Rudoyés, les Innus furent à ce moment-là par cette flicaille mongole adepte du profilage racial qui décida que leur autobus était une cache d’armes parfaite, un peu comme la caverne de Ben Laden finalement. Leurs bagages furent fouillés minutieusement. Mais illégalement puisque sans mandat aucun. 

Je ne peux tolérer cela. 

Et parce que je ne peux tolérer pareil système pas de coeur, insurgé je suis désormais. Parce qu’il est maintenant plus clair que jamais que le système travaille contre le peuple, je plaide plus fort que jamais en faveur du renversement non pas seulement des corrompus mercenaires à Charest, mais bel et bien du système d’exploitation dans son entièreté qui s’appelle chez nous Canada, lui qui s’est toujours si bien servi de ce parti de ploucs et de collabos du PLQ pour travailler contre ce Québec qu’on veut libre et différent parce que généreux à l’égard des gens qui l’habitent. Et je tiens à crier haut et fort, pour que les corrompus de l’Assemblée nationale et leurs maîtres violents de Sagard m’entendent bien, que je n’ai désormais plus peur. Plus peur de rien. Plus peur du tout. Mais surtout plus peur d’eux. Je combattrai désormais le système plus férocement que je ne l’ai jamais fait à venir jusqu’ici, je deviendrai le plus énergique soldat de la libération. Le système pourra me cibler (comme il le fait depuis trop longtemps de toute manière), me pourchasser dans les rues de mon Québec à m’en faire perdre haleine, il peut envoyer sa flicaille pour me briser le dos, les reins, les jambes, les bras (alouette!), ou me frapper allègrement sur la tête à l’aide des matraques policières, j’en ai rien à foutre. Il parviendra certes à me faire mal, à me blesser. Mais jamais il ne parviendra à briser ma détermination et ma volonté d’en finir avec lui une fois pour toutes. 

Les barreaux que j’avais encore dans la tête hier, je viens de les briser tous! 

Et parce que je ne veux plus obéir en rien aux adeptes de la répression aveugle et violente qui frappe mon Québec depuis des semaines, j’annonce que la police de Montréal va attendre bien longtemps le paiement de la contravention que j’ai reçue le 21 avril, lors de mon arrestation, pour cause d’attroupement illégal, dans un contexte d’arrestation préventive (!!!). Je ne la paierai JAMAIS. Peuvent me faire ce qu’ils veulent, m’arrêter, me sacrer des coups de matraque dans la face, me tirer une grenade assourdissante dans le front, me foutre un pistolet teaser dans le ventre, rien à faire, je ne paierai pas ça. Le 21 avril, je n’ai strictement rien fait de mal, alors, allez vous faire cuire un oeuf avec vos contraventions de petits fachos! 

Et je puis dire que je ne serai pas le seul à agir de la sorte, à se dresser contre vous, à cesser d’obéir à vos diktats de petits dictateurs en puissance. À chaque jour qui passe, nous sommes de plus en plus nombreux à nous lever, à cesser d’avoir peur, à briser les barreaux dans nos têtes, à comprendre que le temps de la Révolte et de la libération est venu. La révolte pour se libérer et détruire enfin le système canadien et oligarchique. VOTRE système. Vive la Révolution québécoise!  


 
Commentaires  
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#2 | Merci!

Daniel Heikalo » 29-04-2012 08:00

Merci Patrick Bourgeois. Ta révolte est la mienne. Je demeure présentement à l'extérieur du Québec, mais c'est ma patrie, et je suis les développements de la révolte constamment. Ton dégoût est le mien! Je reviens au Québec probablement cette année. Je reviens chez nous. Je quiite le pays de Harper le bandit. je veux être de ceux qui feront l'indépendance du Québec.

Comme disait Péloquin avant de sombrer dans la platitude: Vous êtes pas tannés d'mourir bande de caves. C'est assez!

Daniel heikalo

−3 +−

#1 | RE: Je suis maintenant un insurgé

Laurent Desbois » 26-04-2012 09:38

Les polices ne connaissent pas ces 50 Black Block et ne savent pas que les banques sont leurs cibles principales ? Maudite gang de peureux incompétents, qui sont juste là pour récolter le surtemps… comme à l’époque des mohawks en 1990 !

Combien de Black Block ont été arrêtés par les polices ?????

J'ai une envie irrésistible de réhabiliter les termes animaliers dans mon vocabulaire quand il s'agit de parler des forces policières.

Deux poids, deux mesures. Les étudiants vs les warriors!!!!

Jacques Chagnon, le ministre de la Sécurité publique, et John Ciaccia du Parti Libéral du Québec ont négocié avec des Warriors masqués à OKA et le 12 août 1990, ils participent à une cérémonie de signature d'un accord controversé avec des représentants Mohawks armés et masqués.

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